La flexibilité cachée des sites C&I

Si vous interrogez un responsable de la gestion énergétique sur la flexibilité, il vous parlera sans doute de la batterie, s’il en dispose d’une.
Mais presque tous les sites commerciaux ou industriels recèlent un potentiel inexploité : des entrepôts frigorifiques capables de fonctionner sans électricité pendant vingt minutes, des cycles de production pouvant être décalés de deux heures, des groupes électrogènes de secours rarement utilisés et des bornes de recharge pour véhicules électriques qui consomment leur pleine puissance aux heures de pointe.
Le réseau paie désormais le prix de ce type de réaction rapide.
Quatre questions qui permettent de mettre en évidence les actifs flexibles
La capacité d'un actif à générer des revenus grâce à sa flexibilité dépend de quelques caractéristiques physiques essentielles.
Quelle est la taille de l'actif ? Par exemple, une chaudière électrique d'une puissance de l'ordre du mégawatt peut être suffisamment grande pour certains marchés à elle seule, tandis qu'un chargeur de 50 kW est trop petit. La taille vous indique si l'actif doit être regroupé avec d'autres avant de pouvoir générer des revenus.
Quelle est sa capacité de réaction ? Les réserves de fréquence nécessitent une réaction en quelques secondes ou minutes, tandis que le rééquilibrage des charges pour les prix du jour suivant peut se faire avec plusieurs heures de préavis. La rapidité de réaction détermine les produits auxquels l'actif peut participer.
Pendant combien de temps l'équipement peut-il maintenir sa réactivité ? Par exemple, arrêter un groupe frigorifique pendant dix minutes est très différent de l'arrêt d'une ligne de production pendant quatre heures. La durée permet de déterminer quels marchés sont les plus adaptés.
À quelle fréquence cet équipement peut-il être utilisé de cette manière ? Par exemple, il est normal de recharger une batterie tous les jours, mais arrêter un four chaque semaine pourrait endommager l'équipement ou avoir des répercussions sur les garanties. Le nombre de fois par an où vous pouvez utiliser cet équipement détermine la limite réelle de chiffre d'affaires.
Des opérations différentes, une flexibilité différente
Les sites soumis à de fortes charges thermiques, comme les commerces alimentaires, les entrepôts frigorifiques et les hôtels, bénéficient d’un avantage appelé « inertie thermique ». Par exemple, un entrepôt frigorifique bien isolé peut rester à une température sûre pendant un certain temps après l’arrêt des compresseurs ; les réponses courtes ne coûtent donc rien. Les fabricants qui travaillent par lots disposent d’une certaine flexibilité en matière de timing. Si un processus peut démarrer à 14 h ou à 11 h, cette différence d’horaires peut s’avérer précieuse. Les sites qui doivent fonctionner en continu, comme les centres de données, trouvent généralement une marge de manœuvre dans leurs systèmes de refroidissement, leurs équipements de secours ou toute charge non essentielle.
Il existe également un segment en pleine expansion : les petits équipements électriques qui font leur apparition sur de nombreux sites. Il s'agit notamment des pompes à chaleur, des bornes de recharge pour véhicules électriques sur les lieux de travail et dans les dépôts, ainsi que des installations solaires sur toiture associées à de petites batteries. Pris isolément, ces équipements sont trop modestes pour la plupart des marchés, mais lorsqu'ils sont regroupés sur de nombreux sites, ils deviennent intéressants pour les gestionnaires de réseau.
De l'audit aux revenus
Pour transformer la flexibilité en revenus, trois étapes sont nécessaires. Premièrement, il faut mesurer la consommation d’énergie et les limites de chaque actif. Deuxièmement, il faut vérifier si les capacités de l’actif correspondent aux besoins techniques de chaque marché, du négoce de gros à l’aFRR. Troisièmement, il faut gérer les actifs en temps réel sans perturber le fonctionnement normal. La température des produits, les délais de production et les plannings sont toujours prioritaires ; la flexibilité n’est exploitée que lorsqu’il existe une capacité excédentaire.
Les plateformes d'agrégation permettent de mettre en œuvre ces trois étapes à grande échelle. Les fournisseurs d'énergie, les ESCO et les gestionnaires d'actifs qui gèrent de nombreux sites en tirent un avantage, car la valeur s'accroît à l'échelle de l'ensemble du portefeuille.
Notre moteur FLEXO regroupe différents types d'actifs, tels que la charge, le stockage et la production, au sein d'un portefeuille unique qui répond aux exigences du marché et permet d'optimiser la valeur à tout moment, tant pour les opérateurs que pour leurs clients.
Avec le développement des énergies renouvelables, l'Europe a besoin de beaucoup plus de flexibilité, et les gestionnaires de réseau ouvrent leurs marchés à davantage de ressources décentralisées. Les entreprises qui considèrent la flexibilité comme un atout supplémentaire par rapport à leurs activités existantes réaliseront des bénéfices que leurs concurrents ne pourront pas obtenir.
FAQ
Qu'est-ce qui rend un actif industriel flexible ?
Il existe quatre critères principaux : la taille (est-il capable de répondre à lui seul aux seuils du marché ?), la vitesse de réponse (quelques secondes pour les réserves de fréquence, quelques heures pour le transfert de charge), la durée pendant laquelle il peut maintenir cette réponse, et le nombre de fois par an où il peut être utilisé sans entraîner d'usure ni de problèmes de garantie. Évaluez un actif sur ces quatre points pour déterminer sa valeur réelle.
Les petites installations sont-elles éligibles aux marchés de flexibilité ?
Seuls, presque jamais. Regroupés au sein d'une centrale électrique virtuelle, oui : le portefeuille commun permet de respecter les seuils minimaux d'offre et les critères de préqualification, tandis que chaque actif apporte sa contribution. C'est ainsi que les pompes à chaleur, les chargeurs et les petites batteries accèdent à des marchés initialement destinés aux centrales électriques.
Quels sont les sites qui offrent la plus grande flexibilité cachée ?
Les activités soumises à l'inertie thermique (entreposage frigorifique, distribution alimentaire, hôtellerie) et les fabricants travaillant par lots dont les processus peuvent être planifiés. Ces deux types d'activités peuvent rééquilibrer leur charge de manière significative sans compromettre la qualité des produits ni les délais.







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